Par Hocine G.

Une séquence importante de l’histoire de la classe ouvrière se joue à NUMILOG

Il y a trois mois, la direction de Numilog, filiale de CEVITAL a licencié abusivement trois travailleurs pour avoir participé à l’installation d’une section syndicale. Déclenchant par là un conflit social qui allait défrayer la chronique et retentir sur tout le territoire national et même au-delà. Pour punir les travailleurs de s’être solidarisés avec leurs collègues, l’employeur ferme tout simplement l’entreprise et licencient les 196 travailleurs grévistes.

Se croyant être au-dessus des lois, l’employeur ignore les mises en demeure et les rappels à l’ordre de l’inspection du travail et refuse d’appliquer les décisions de la justice lui ordonnant la réintégration des travailleurs licenciés, l’ouverture de l’entreprise et la reconnaissance du syndicat.

Trois mois durant, alors que le représentant emblématique de l’oligarchie civile algérienne croyait les réduire au silence et les soumettre en leur coupant brusquement les vivres, je salue la grande dignité et la bravoure exemplaire de ces travailleurs qui continuent de brandir l’étendard de la lutte contre l’oppression ouvrière et de montrer la voie de salut à des milliers de travailleurs qui partagent la même histoire.  A Samha Brandt Sétif, l’autre filiale de Cevital ou des centaines de travailleurs sont licenciés abusivement, les travailleurs s’organisent pour combattre la terreur patronale et faire réintégrer leurs collègues.

De NUMILOG à SAMHA BRANDT Sétif en passant par BSA El-kseur, les travailleurs inaugurent le renouvellement d’un syndicalisme combatif et démocratique dans un environnement hostile qu’est l’entreprise privée.

Je salue la lutte victorieuse des travailleurs de BSA El-kseur. En effet, après un mois de grève active et une procédure judiciaire qui a entretenu le suspense, avant de débouter l’employeur, la détermination des grévistes a eu raison de l’entêtement de l’employeur qui a finalement cédé sur la plateforme des revendications dans une réunion avec les représentants des travailleurs. Les résultats de la négociation sont ensuite soumis à l’assemblée générale des travailleurs qui les a entérinés en votant à bulletin secret la reprise du travail.

La lutte des travailleurs de NUMILOG, une leçon de démocratie grandeur nature !

La grève de Numilog a le mérite de clarifier les choses en matière de démocratie, de démasquer tous les faux démocrates qui dénient aux travailleurs le droit de s’organiser et de choisir leur cadre d’organisation syndical. Elle montre au grand jour ces pseudos militants de progrès qui défendent la démocratie de classe qui donne la liberté pour les riches d’exploiter à leurs guises des travailleurs. Cette grève a aussi le mérite d’aider à la décantation sociale entre ceux qui choisissent le camp des travailleurs et la lutte pour l’émancipation sociale et ceux qui rejoignent le camp des bourgeois oligarques qui cultivent la servilité et la soumission. Elle contribue à dissiper enfin le brouillard qui ne permettait pas aux travailleurs et aux masses laborieuses de distinguer parmi leurs vrais et leurs faux alliés politiques et les irradie de courage et de volonté d’engager le combat pour leur émancipation.

Le coronavirus, l’instrument d’une guerre sociale contre les masses laborieuses !

Au niveau central, le pouvoir qui a mis à profit la covid-19 pour endiguer la reprise du hirak, met en place une politique d’étranglement de la vie sociale et économique dont la finalité est de liquider le reste des acquis sociaux et démocratiques des travailleurs. Dans les entreprises privées, les répercussions économiques de cette politique sont imputées aux travailleurs qui sont mis en congés sans solde, voir jetés à la rue comme de vulgaires objets usagés. Alors que la loi oblige les employeurs à mettre une partie de leurs travailleurs en congé spécial rémunéré, les patrons privés, les mettent tous simplement au chômage et exerce le chantage à l’emploi, pour obtenir de l’État des subventions et des crédits financiers. Autrement dit faire payer la crise aux masses laborieuses.

 

Le PST, allié objectif de tous ceux qui défendent les travailleurs !

À ceux qui s’évertuent à confondre le PST en pérorant sur son engagement dans les conflits sociaux en cours, je leur dis bravo, vous avez découvert le secret de polichinelle. Ces invétérés larbins de la bourgeoisie ne comprennent pas que le monde des travailleurs est le monde naturel du PST. Tous ceux qui touchent aux travailleurs touchent au PST. A ceux qui s’offusquent de la convergence de vue entre le PST et l’UGTA de Bejaia dans ce contexte de luttes ouvrières, je leur dis que le PST est l’allié objectif de tous ceux qui luttent en faveur des travailleurs. Le syndicat n’est pas une finalité, mais un cadre d’organisation de la lutte sociale des travailleurs. Le PST n’a aucune préférence syndicale quelconque. C’est la combativité des travailleurs qui détermine la valeur du cadre syndical et non l’inverse. La bureaucratie comme la démocratie ouvrière existent aussi bien à l’UGTA que dans les syndicats autonomes. Le PST n’a aucune gêne à soutenir l’UGTA quand elle défend les travailleurs et à la dénoncer quand elle les trahi, cela est également valable pour les syndicats dit autonomes. Aujourd’hui l’UGTA de Bejaia sonne le tocsin de la mobilisation ouvrière pour soutenir les travailleurs victimes de licenciements et de la répression patronale et le PST est partie prenante de cette lutte.

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