Cette année la journée du 8 mars s’inscrit dans un contexte mondial d’une crise sanitaire et économique sans précédent qui nous frappe de plein fouet. Les femmes se sont retrouvées en première ligne à payer la crise suite à la gestion autoritaire et sécuritaire et les confinements de la pandémie qui les a plongé dans la précarité la plus extrême : les plus touchées par les licenciements, le chômage…etc, ce qui a accentué les violences conjugales et familiales durant le confinement.  Ces éléments matériels s’annoncent comme le catalyseur de la percée des luttes des femmes à travers le monde dans la conjoncture.  D’ailleurs selon l’organisation internationale du travail (OIT) les secteurs les plus féminisés tel que la santé, éducation et  administration sont les plus touchés par la crise Covid avec 70% des salariées sous emploi. 

Cette date historique de la la lutte pour les droits des femmes , reconnue depuis 1947 , vidée de sa  dimension forte combative et révolutionnaire, en une journée de la femme où se multiplient le affiches publicitaires et les roses, tout une folklorisation qu’il convient de combattre en rappelant les origines de cette date.

Cette journée naquit dans le sillage des luttes des femmes pour leurs droits et l’accession de plus en plus de femmes au monde du travail, du renforcement  du mouvement ouvrier, En plus des tensions internationales qui aboutiront à la première guerre mondiale. C’est ainsi que la militante socialiste allemande Clara Zetkin , durant la seconde conférence de l’internationale des femmes socialiste ( qu’elle cofonde ), en 1910 A copenhague, , a proposé la  tenue d’une journée commémorative des luttes des femmes travailleuses, au mois de mars cette année , en plus de la revendication de la journée de 8 h et de la protection des mères travailleuses. La date sera reprise distinctement durant les années suivantes

Le 8 mars est porteur d’une tradition ouvrière  dont nous nous reconnaissons  et portant le combat pour l’émancipation des femmes et de toute l’humanité

 

C’est l’imbrication entre l’exploitation des femmes par le capitalisme et leur oppression sous le patriarcat millénaire  qui façonne le vécu des femmes. Certes grace aux acquis  des luttes des deux siècles derniers, nous comptons des femmes présidentes, ministres… nous sommes une bonne partie de la main d’œuvre au niveau international et nous assurons une large partie du travail invisibilisé du soin : qu’il soit à l’intérieur de la maison ou à l’extérieur ( santé, éducation …) perçu comme étant constitutif et naturel aux femmes . Cependant  l’immense majorité des femmes se retrouvent dans des emplois précaires, le capitalisme nous réserve donc chômage,  licenciements abusifs, harcélement , et nous expose à la dépendance économique et toutes sortes de violences sexistes et sexuelles. Ceci  a poussé les femmes à être à l’avant de toutes les mobilisations à coté des opprrimés du système actuel.

 

En Algérie, le soulèvement populaire du 22 février se présentant comme unique force populaire d’opposition a redonné un nouveau souffle à de nombreux mouvements démocratiques et sociaux et le mouvement femmes ne fait pas exception. Depuis le début du Hirak une nouvelle génération de femmes s’est engagée dans un élan de lutte en se structurant en collectifs un peu partout dans le pays afin de s’imposer comme force et revendiquer leurs droits démocratiques et sociaux les plus légitime.  Cette année pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes les militantes se sont mobilisées pour redonner son  sens à la journée  avec une compagne de sensibilisation sur le travail de production et de reproduction des femmes avec des #travail, liberté et dignité,  #stop aux violences faites aux femmes et #le 8 mars n’est pas une fête.organisation des manifestations pour la journée afin de la vider du sens folklorique et commercial qui lui y a été attribué.

Aujourd’hui on doit continuer à porter les luttes de nos ainées tel que l’abrogation du code de la famille adopté depuis 1984 et l’application des lois criminalisant les violences sexistes et sexuelles sur les revendications juridiques. Sachant que cela ne suffit pas pour renverser l’ordre moral imposé par la société mais il est plus qu’important de s’organiser en unifiant les luttes des femmes travailleuses, des femmes sans emploi et les étudiantes afin de renforcer nos rangs et pouvoir construire un réel rapport de force en convergeant nos luttes avec celles et ceux qui luttent pour renverser ce système qui nous exploite.

                                                                                                   

                                                                                                        

 

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