Les travailleur-e-s de l’entreprise portuaire d’Arzew ont entamé un mouvement de grève dimanche 3 novembre, pour faire pression sur l’administration et l’amener à négocier, après avoir ignoré leurs revendications, notamment la prime exceptionnelle réclamée.

En effet, face au blocage provoqué par la direction des ports d’Arzew et de Bethioua (Est d’Oran), gérés par l’EPA, les travailleur-e-s n’ont eu d’autre choix que d’enclencher un mouvement de grève. Pis encore, une cellule de crise a été mise en place par la section syndicale UGTA (union générale des travailleurs algériens), et ce pour apaiser les esprits et gérer les divergences entre les travailleur-e-s du syndicat de l’entreprise, dont une majorité s’est radicalisée, le service minimum ne pouvant même plus être assuré dans ces conditions d’oppression et d’indifférence de l’administration. Contacté, le secrétaire général du syndicat, M. Moussa, nous avait expliqué que «la grève était le dernier recours des travailleur-e-s, car aucune réponse n’a été formulée quant aux revendications soumises à la direction.» Notre interlocuteur a assuré que la grève a été suivie, jusqu’à lundi, à 100% par tous les travailleurs et toutes travailleuses. Depuis le 27 octobre, le mouvement de protestation au port d’Arzew est revenu avec force, mais les consultations n’ont rien donné. Deux autres réunions ont été tenues cette semaine, et à l’heure ou nous mettons sous presse, l’issue de ces consultations demeure inconnue. M. Moussa a affirmé mardi, alors que la réunion était en cours, que la grève continuait. Toutefois, certains navires ont été libérés, histoire d’assurer un service minimum et ne pas paralyser totalement ce secteur névralgique. Ce gage de bonne volonté ne semble pas trouver échos du coté de l’administration qui négocie dans «l’ambigüité», selon les propos d’un travailleurs, Mohammed, qui assure que les activités de remorquage et de pilotage sont nécessaires et sensibles, se réjouissant ainsi de l’adhésion des capitaines à ce débrayage. En outre, lors d’une assemblée extraordinaire organisée mardi, l’union de wilaya et le bureau d’Oran ont été invités. Ce fut l’occasion d’afficher un soutien total et indéfectible à leurs camarades, ce qui renvoie un message fort aux autorités portuaires et à la tutelle au ministère des Transports, quant à l’élan de solidarité que manifestent les travailleur-e-s en cette période, ainsi que leur détermination, et maintenir le cap de la lutte et de la protestation.   

Il faut savoir que le port d’Arzew a entamé une transformation profonde, en diversifiant ses activités en dehors des hydrocarbures, à travers la signature de conventions avec les sociétés de montage automobile comme Renault, ou encore l’usine Tosyali. Ces activités sont accueillies de manières mitigées par les travailleur-e-s, de crainte que les activités essentielles, à savoir les hydrocarbures, ne soient inscrites dans un processus de concession-privatisation. Ces questions ne sont pas abordées lors des consultations entre le syndicat et l’entreprise, mais c’est le sujet qui hante les esprits dans les cafés et les apartés. Cette diversification apporte également une charge de travail supplémentaire, alors que plusieurs primes ne sont pas versées aux travailleur-e-s, qui réclament également une hausse des salaires et une amélioration des conditions de travail, comme le repos minimum, la sécurité et la fin de l’arbitraire, que certain-e-s vivent comme une surexploitation et du harcèlement.

Correspondant

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