La mobilisation étudiante du 7 mai était un test, dans ce moment particulier du début du mois de ramadan. Il y avait donc beaucoup de questionnements sur la possibilité de poursuivre le mouvement durant ce mois.

Le test a été réussi puisque malgré le jeûne, les étudiants étaient présents dans la rue, même si le nombre a un peu diminué. Mais ça montre que les étudiants sont déterminés à montrer leur opposition au régime jusqu’au départ de tout le système. Cette mobilisation va aider les manifs du vendredi à se poursuivre massivement.

Les mots d’ordre ont évolué : avant, il y avait des mots d’ordre de soutien à Gaïd Salah, certains prétendant qu’il répondait aux revendications du peuple en arrêtant certains symboles de la corruption, certains oligarques, certains symboles du pouvoir. Mais avec la répression, les choses ont changé, il y a beaucoup de slogans contre Gaïd. De plus, les étudiants refusent la volonté de Gaïd et de Bensalah de maintenir les élections du 4 juillet pour maintenir et recomposer le régime. Donc beaucoup de slogans refusaient les élections, avec les slogans « oulech l’vote oulech », et « Makach el intikhabat m3a el 3issabat », « il n’y aura pas de vote avec le clan en place ».

Voilà les slogans. Il y avait aussi une campagne en faveur de Brahimi, un personnage politique qui a participé à plusieurs gouvernements depuis 1962, qui a été ministre, notamment de l’éducation.Il y a une manipulation, une campagne pour faire croire qu’il pourrait gérer la période de transition.

Il y a aussi des débats permanents autour des perspectives du mouvement : on discute beaucoup des feuilles de routes proposées jusque-là, ça parle d’assemblée constituante, mais aussi de transition apaisée en négociant avec le régime en place, du rôle de l’armée. En tous cas l’idée d’une solution dans le cadre de la Constitution actuelle perd clairement du terrain chez les masses, laissant la place à des propositions plus radicales, de rupture.

Sinon, on a repris également les revendications de ces dernières semaines, les mêmes que le mouvementpopulaire : ledépart de tout le système, du gouvernement et donc aussi de GaïdSalah.

L’objectif est d’organiser le mouvement au niveau national, avec une coordination nationale. Déjà au niveau d’Alger puis au niveau national pour construire un rapport de forces conséquent.L’apport du mouvement étudiant au mouvement populaire est qu’il lui permis de maintenir la répression, en ajoutant une journée de mobilisation par semaine, le mardi, et un journée fixe, le 22.

Çadonneaussi le cap sur la question de l’auto-organisation du mouvement : à Tizi Ouzou, Bejaïa, Constantine et Alger, dans plusieurs universités, il y a le mot d’ordre de s’auto-organier, et on aimerait que ça fasse des émules, au niveau des travailleurs, des chômeurs, , tous les autres secteurs . Ça les pousserait à s’auto-organiser, à politiser autour d’une plate-forme de revendications.
A.Y., étudiant à Alger

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