C’est par la répression et le musellement des libertés démocratiques et syndicales d’une part, et par l’emprisonnement et le harcèlement judiciaire de toute opposition politique ou sociale d’autre part, que le pouvoir de fait illégitime s’apprête à faire imposer la constitution de sa « nouvelle Algérie ».
Pour réussir son simulacre de référendum le 1er novembre, organisé déjà dans un contexte de pandémie du Covid-19, de couvre au feu et de restrictions sanitaires des plus contraignantes, le pouvoir de fait a orchestré minutieusement, sans la moindre voix discordante, une campagne médiatique monolithique digne des sombres années de plomb du régime du parti unique. Ses porte-paroles, souvent anciens chantres du 5ème mandat de Bouteflika, appuyés à l’occasion par une clientèle issue d’une « société civile » inventée de toutes pièces, sillonnent le pays pour vendre à l’opinion les bienfaits du Doustour du nouveau « fakhamatouhou ».
Organisé par cette même administration aux ordres et rompue à la fraude, supervisé par cette même « commission indépendante » désignée par le pouvoir de fait lui-même, et avalisé, sans le moindre doute, par ce même conseil constitutionnel habitué à reconnaitre toutes les mascarades électorales, ce référendum ne pourrait être qu’une mascarade de plus comme en témoigne l’inexistence du moindre engouement populaire. En effet, pour les algériennes et les algériens c’est du déjà vu. Comme au début de l’illégitime désigné Bouteflika, qui avait recourut au référendum sur « la concorde civile », l’illégitime désigné Teboune tente lui aussi, à l’entame de son « mandat », une opération plébiscitaire dans l’espoir de glaner quelque « légitimité populaire ».
Par conséquent, quelle légitimité pourrait avoir une constitution sans la participation du peuple et la libre expression de la pluralité de ses opinions politiques ? Quelles transformations du système pourrait-elle apporter sans la possibilité préalable de remettre en cause les institutions d’un régime présidentiel quasi monarchique et autoritaire ? Quelle avancées démocratiques et sociétales pourrait-elle introduire sans un véritable débat démocratique au sein du peuple sur un projet de société permettant la consécration effective de l’égalité des droits entre les hommes et les femmes, la promotion concrète de notre identité et notre culture et mettant un terme à toute manipulation de la religion à des fins politiques ? Quels changements réels pourraient apporter ces amendements constitutionnels dans notre vie quotidienne sans la liberté de pouvoir choisir d’autres options économiques et sociales ? Sans pouvoir éliminer les politiques libérales désastreuses qui ont entrainé la destruction notre économie et sa privatisation, qui ont institué la corruption et la dilapidation de nos richesses nationales, et qui ont généralisé le chômage, la harga et la précarité sociale ?
A l’évidence, cette nouvelle constitution ne pourra en aucun cas répondre aux aspirations démocratiques et sociales exprimées par la majorité de notre peuple, dans toutes les villes du pays, pendant plus d’une année de Hirak !
Pour toutes ces raisons, le PST rejette sans équivoque ce prétendu référendum du 1er novembre prochain et appelle à l’élection démocratique d’une ASSEMBLEE CONSTITUANTE SOUVERAINE représentative des aspirations démocratiques et sociales des travailleurs, des chômeurs, des jeunes, des femmes, des petits paysans et de tous les démunis de notre peuple. C’est à cette assemblée constituante élue démocratiquement, après un débat national libre dans un contexte où toutes les entraves à l’exercice effectif des libertés démocratiques sont levées, que reviendra la mission d’écrire notre constitution et proposer ensuite son adoption sous le contrôle exclusif du peuple algérien.
Le PST appelle à la non-participation et au boycott du référendum constitutionnel du 1er novembre 2020 !
Pour la défense des libertés démocratiques !
Halte à la répression, aux harcèlement judiciaires et aux arrestations !
Exigeons la libération de tous les détenus politiques !
Solidarisons-nous avec les luttes des travailleurs et avec la résistance populaire !
Imposons dans le secteur privé et partout ailleurs le respect des libertés syndicales !
Construisons l’unité d’action et la convergence des luttes démocratiques et sociales !
Non au référendum constitutionnel anti-démocratique du 1er novembre prochain !
Pour l’élection d’une Assemblée Constituante Souveraine !
Le Secrétariat National du PST.
Alger, le 30 Octobre 2020.

 

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