Par Kamel Aissat. Une polémique s’est invitée sur les réseaux autour des incendies en cours. Et la question de responsabilité occupe le devant.

Oui les responsabilités doivent être situées à commencer par les choix politiques qui ont conduit à la dégradation du service public des forêts : disparition des métiers du réseau de sentinelles constitués, autour des gardes champêtres, l’absences de personnel dédié à l’entretien du domaine forestier et doté de moyens (engins et moyens de surveillances…). Les services des forêts sont devenus une agence de distribution des concessions au profit d’une clientèle loin du domaine forestier et des populations y habitant. Ce qui est consacré par le désengagement progressif de l’Etat des activités de production, de transformation et de commercialisation forestières au profit du secteur privé en 2007 (politique forestière nationale et stratègie d’aménagement et de développement durable des ressources forestières et alfatières, août 2007).

Ce sont les politiques libérales adoptées depuis le début des années 90, sous l’injonction du FMI et de la Banque mondiale, qui ont conduit à la destruction de notre tissu industriel et des services publics existants. Oui, la forêt rentre dans le domaine du service public au même titre que la santé, l’éducation, transport… et pendant ce temps, M. Tebboune nous promet plus de libéralisme et plus de bradage !

À côté de cela, plusieurs facteurs peuvent expliquer les feux de forêts dans les régions habitées : abandon des pratiques de débroussaillages des anciens, destruction des barrières naturelles telles que les haies en figuiers de barbarie, murets en pierre… conséquence d’une urbanisation du rural (nos campagnes).

Ce sont les conséquences de la course capitaliste vers plus de profit au détriment de notre environnement, de notre santé. Les politiques de surexploitation des richesses naturelles sont mondiales. Elles ont pour effet les changements climatiques. Tout comme la covid 19, les feux de forêts, et autres catastrophes à venir ne sont en dernier lieu que les conséquences de notre rapport à la nature. Dans ces conjonctures, le slogan « Nos vies valent plus que leurs profits », prend tout son sens !

Au lieu de crier au complot et à la victimisation, avec des relents racistes, l’urgence est de construire la solidarité avec les régions et les populations touchées et mettre les autorités devant leur responsabilité ! L’urgence est de débattre d’un projet alternatif au libéralisme et à l’action pour des politiques publiques qui prennent en charge les besoins du peuple et qui respectent l’environnement

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