Par Aidoune Azzedine

De part le monde les oeuvres de charité deviennent la norme chez les hommes d’affaires. Elles constituent souvent un moyen de marketing captif des spontanéités sentimentales. De Bill Gates à Jeff Besos, le mécénat est la nouvelle religion de la bourgeoisie. Elle forge l’idée de l’entrepreneur humain, proche des petites gens. Certains en font un moyen de consolidation politique et adhésions populaires qui contraste avec un Etat adepte de la normalisation par la trique.

Revenons nous à notre cas. Depuis le sursaut populaire du Hirak, une recomposition inachevée des blocs dominants est en cours. Des cristallisation sociales s’opèrent au profit de quelques groupes sociaux et au depend de quelques autres. La disgrâce d’une partie de l’oligarchie construite dans le giron du bouteflikisme n’a pas changé la nature de classe de l’Etat, une autre s’en est substituée d’autre reconvertie. Le nombre d’hommes d’affaire qui campent dans les institutions en est un indicateur, de même que la nomination d’un ancien consultant du FMI, cette institution de brigands, comme premier ministre confirme le caractère de classe du régime.

La dynamique de recomposition du régime aussi antipopulaire soit elle requiert un minimum d’adhésion sociale c’est pourquoi la bouregoisie alliée au pouvoir actuellement trouve dans ces effets de pub de la donation l’aubaine providentielle pour se refaire une seconde peau. Elle tente de nous faire oublier ces accointances avec l’ancien et le nouveau régime antidémocratique. Aux oubliettes le soutien des ces oligarques au maitre du moment, le temps est à la consommation de leurs produits à travers une pub bien orchestrée, souvent par les démocrates autoproclamés.

Fondamentalement, ces compagnes enhardissent le privé. Elles lui confèrent un poids et un rapport de force favorable pour négocier des privilèges. Au contraire, l’Etat se désengage davantage, offrant une marge de manoeuvres à une des hommes d’affaires peu soucieux du bien commun. C’est la survit du service public et de tous les acquis des luttes ouvrières et populaires qui sont en jeu.

L’oxygène, métaphore de la gratuité des choses qui échappent encore à la marchandisation du monde est en centre d’un enjeu politique majeur. Les opérateurs économiques (ce bel euphémisme !) qui disposent des grâces du nouveau régime tente une accumulation primitive de légitimité après deux ans d’érosion accéléré du au Hirak. Les recentes mesures d’urgences du gouvernement Benabderhmane prévoit entre autres : ”dialogue public-privé”, ”l’inclusion de l’économie industrielle privé”, ”profonde réforme fiscale”, “rôle de la banque comme conseiller de l’entreprise”…etc. Tout un programme qui grignote encore davantage les maigres acquis d’années de luttes populaires.
Notre camp doit se préparer à être à la mesure des attaques, notre unité d’action autour d’un programme clair constitue nos outils de combats. Lors de la collecte d’argent aux profit de nos hôpitaux, les petites gens ont démontré qu’ils sont capables de se mobiliser et de relever le défi. Il s’agit d’élargir cette dynamique, la coordonner de la base au sommet et de lui donner des objectifs ascendants dont le point de départ est la défense de notre hôpital public.
Cette dynamique inspirera à coup sûr les travailleurs qui font les frais d’une politique qui les contraint à des cadences infernales ou tout simplement licenciés sous prétexte de la COVID comme c’est le cas de 500 000 travailleurs. L’interdiction des licenciements doit être instaurée. Tels sont les intérêts des masses populaires qui contrastent largement avec les intérêts des patrons même animés de toutes les bonnes intentions du monde.

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