Après plus d’une année de mobilisation incessante, le mouvement populaire a décidé de suspendre les manifestations pour épargner des vies que l’épidémie du coronavirus menaçait d’emporter. Alors que les hirakistes font preuve d’une grande maturité politique, dans une dynamique d’auto-organisation, et de responsabilité civique, le pouvoir se sert de cette crise sanitaire et des restrictions qu’elle impose pour continuer ses attaques contre les militants du Hirak. Usant d’un discours qui prône faussement la fraternité et la sécurité sanitaire de la population il promulgue un code pénal liberticide, maintien en détention arbitraire des dizaines de militants, interpelle, arrête et condamne d’autres.

Les solutions du pouvoir aggravent la situation pour la population

Les mesures de prévention prises pour contenir la propagation de la pandémie ont également un impact économique et social très dur sur les masses populaires. Parce que l’Etat est incapable de fournir les moyens de protection nécessaires (masques, tests, gel, …), il a imposé un couvre feu partiel et ordonné la mise en congé d’office de la moitié des travailleurs ainsi que l’arrêt de l’activité des milliers d’entreprises et établissements. Ce qui se traduit par la perte d’emploi et de revenu pour des millions de travailleurs, d’artisans, de commerçants etc…. Au lieu de mettre en place un système d’allocation chômage, le pouvoir transforme les travailleurs en mendiants en leur promettant une compensation financière de 10.000DA. Avec la crise pétrolière qui se prolonge, une grave crise économique menace de précipiter les masses dans la misère. D’où la tentation de solutions musclées pour s’assurer d’un contrôle social sur la population pour imposer la continuité du régime libéral et son lot de régression (loi des finance, révision du régime de retraite, …).

Une nouvelle constitution démocratique passe par une assemblée constituante souveraine.

C’est dans ce contexte de couvre feu et de suspension des libertés démocratiques que le pouvoir, qui bénéficie du soutien des pays impérialistes, introduit la révision constitutionnelle. Loin d’apporter un quelconque changement, cette révision rentre dans le processus de réorganisation du régime pour pallier à son illégitimité. Elle constitue un coup de force contre la volonté populaire. Echaab therrer, hewwa li yqerrer !

« Confinés » mais jamais soumis !

Le discours du pouvoir encourage la soumission aveugle à l’autorité, culpabilise et stigmatise la population réfractaire. Alors que la répression s’accentue, que la recomposition du pouvoir se poursuit en réactivant ses réseaux de clientèles, les masses populaires assurent être plus déterminés plus que jamais à changer le régime. Munis de masques de protection, des citoyens et des travailleurs se mobilisent pour dénoncer les arrestations, réclamer la libération des détenus et revendiquer leurs droits sociaux. Nous ne permettrons pas que la pandémie du Coronavirus soit utilisée pour consolider la contre-révolution et mettre fin à nos aspirations démocratiques et sociales. Nous n’accepterons pas non plus la poursuite des mesures d’austérité néolibérales qui généralisent la pauvreté et le chômage. Plus que jamais, nous devons intensifier la solidarité qui s’est manifestée pendant ces deux mois de « confinement » et renouer avec les mobilisations pour dégager le système et jeter les bases d’une société alternative de liberté, de dignité et de justice sociale.

Section de Béjaïa , le 30 Mai 2020

 

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