Le monde découvre avec consternation les ravages de la mondialisation libérale sur les systèmes de santé publique. Si l’origine du virus est naturelle, le rythme de sa propagation mais surtout l’incapacité des Etats à y faire face relève des choix politiques suicidaires et criminels qui ont marchandisé les systèmes de santé publique et privilégié le profit sur la santé des populations.
L’épidémie du corona virus découverte en chine en décembre dernier s’est propagée sur l’ensemble de la planète et fait des milliers de morts en a peine quatre mois. Sa progression est exponentielle. Même les pays développés se sont révélés vulnérables et totalement dépassés par l’épidémie. Des mesures draconiennes sont prises pour freiner la progression de l’épidémie.

Que dire de notre pays ou le système de santé est totalement délabré sur le plan humain et matériel. Un seul centre de virologie pour dépister les personnes atteintes par le virus pour une population de 40 millions d’âmes. Quand on peut se faire dépister depuis sa voiture dans un drive-in au Danemark.

Le pouvoir qui déclare maitriser la situation annonce des capacités de prise en charge que la réalité contredit. Sur le terrain les citoyens constatent la morte lente et douloureuse de notre système de santé. La situation catastrophique de l’hygiène publique. Les professionnels de la santé sont sous pression et dans le désarroi total. Plusieurs millions de malades chroniques et des millions de personnes âgées seront exposés à cette épidémie dans des conditions de salubrité et d’hygiène publique et de vie, totalement précaires. L’Algérie qui n’est ni outillée ni préparée pour faire face à cette épidémie enregistre ses premiers décès.

Cette épidémie survient, pour l’Algérie, dans un contexte de révolution populaire qui vise à renverser le pouvoir politique et produire un changement radical du système. Cependant, 13 mois de mobilisations extraordinaires nous apprennent que l’issue de notre révolution sera un combat de longue haleine. Le hirak est toujours dans la phase d’accumulation et de construction du rapport de force. Le nouveau front de lutte urgente qui vient de s’ouvrir menace objectivement notre révolution. Des vies sont en jeux. Il est urgent de suspendre les marches populaires pour quelques semaines. Tout en maintenant le cap sur l’objectif stratégique de renverser le pouvoir, le hirak doit changer de tactiques de lutte. La lutte contre le corona virus est une bataille immédiate et d’un autre genre mais qui fait partie de la lutte globale contre le système. Elle mettra à l’épreuve notre capacité d’adaptation et de réactivité à des situations imprévisibles. Elle requière la mobilisation de notre intelligence pour réfléchir sur le model de système de santé que notre révolution devra mettre en avant. L’heure est à la prévention pour contrer la pandémie du COVID- 19, à la réflexion et l’auto-organisation pour la pérennité du mouvement populaire.

Section PST de Béjaia, le 18 mars 2020.

 
 
 
 

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