Suite au marasme au sein des travailleurs et à la dégradation continue de leur situation socioprofessionnelle, un mouvement de grève a été opéré du 7 au 13 octobre.

L’Union des coopératives agricole de Bejaia est un partenaire de l’office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), elle emploie plus de 250 employés.

Sa mission principale est le stockage et le transfert des céréales de consommation , ainsi que la vente de semences et d’autres biens pour les céréaliculteurs.

Face aux différentes pressions socioéconomiques que subissent les travailleurs (baisse du pouvoir d’achat, précarité, dénigrement, intimidation…), et devant la perte de légitimité de la section syndicale qui a fait de la politique de l’autruche sa devise, un comité de travailleurs c’est constitué et a adressé un courrier à l’administration, à la section syndicale et à l’inspection du travail en vue d’organiser dans l’urgence une assemblée générale afin de d’apporter des réponses et des solutions aux différents problèmes qui minent l’entreprise et le moral de ses employés.

Les revendications

Devant la sourde oreille affichée par l’administration, le comité des travailleurs a déposé un préavis de grève de 8 jours à compter du 29 septembre qui comporte les revendications suivantes :

• Revoir la classification de l’UCA Bejaia de la classe B à la classe A, selon les conventions qui régissent les relations de travails entre les différents partenaire de l’OAIC. Un travailleur de l’UCA d’Alger et mieux rémunéré qu’un travailleurs de l’UCA Bejaia.

• Revoir la grille de salaires et la nomenclature des postes, sachant que, dans la convention collective, elles n’ont pas changé depuis les années 90 et qu’elles ne répondent plus aux défis et aux exigences actuelles, la dernières augmentations dans le secteur remonte à 2011 et, face à la chute vertigineuse du pouvoir d’achat, il est primordiale de revoir la grille des salaire et de revoir en hausse le SNMG.

• Le partage équitable entre tous les travailleurs de la prime d’intéressement (BILAN).

• Régulariser les travailleurs dans le cadre de la commission promotion et formation, sachant que beaucoup de travailleurs n’ont pas eu droit ni a des promotions ni a des formations ni même à une fiche de fonction qui définit leur tâche au sein de l’entreprise et cela dure depuis plusieurs années.

• Le déblocage de la commission des œuvres sociales.

Au terme du préavis de grève et n’ayant obtenu aucune réponse de la part de l’administration, l’arrêt de travail s’est fait le 7 octobre. Le collectif des travailleurs s’est réuni au niveau de l’arrière port de Bejaïa la majorité des travailleurs ont répondu favorablement à l’appel.

Un échec mais des leçons importantes

Le déroulement de la grève, qui a duré 8 jours, a subi plusieurs intimidations de la part de l’administration à travers son directeur qui a essayé de casser le collectif en s’attaquant aux chauffeurs de semi-remorques en leur insinuant qu’ils n’était pas concernés par la plateforme de revendications. Par l’instrumentalisation de l’inspection du travail pour essayer de contraindre les travailleurs à ne pas continuer leur mouvement au risque d’être sanctionnés.

Le forcing du syndicat à travers sa section locale et son bureau national (affilier à, l’UNPA, union nationale des paysans algériens, une organisation de masse du FLN) a tout fair pour casser la grève et renvoyer les protestataires bredouilles en les menaçant de sanctions et de ponctions sur salaire. Au final, ils ont réussi apres 8 jours de grève.

Face aux intimidations et la manipulation de certain éléments la grève n’a pas pu aboutir à un résultat concret, seul quelques revendications au niveau interne ont était satisfaites, et la promesse de ne sanctionner aucun gréviste.

Il y a lieu de retenir que face à cet échec, les travailleurs ont pris conscience de l’importance de se réapproprier les appareils de lutte syndicale pour mieux s’organiser et défendre leur intérêt.

Correspondant

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