Front Social : Le PST dévoile ses appréciations

Le paysage politique de l’année en cours est cousu de fil blanc par une contestation sociale de plus en plus soutenue. Des médecins résidents aux enseignants, des gardes communaux aux travailleurs d’Air Algérie, c’est des pans entiers de la classe laborieuse qui se mettent en branle. La constance du discours démagogique du pouvoir n’arrange aucunement la situation, d’autant plus que l’année 2018 est l’antichambre opérationnelle à la succession ou le maintien du président pour 2019. C’est dans  ce contexte électrique que le Parti Socialiste des Travailleurs (PST), a tenu à apporter de l’éclairage et une analyse du moment présent, loin de la langue de bois  et des éléments de langage rabâchés.

Dans un communiqué, suivi d’une déclaration bien détaillée, le PST ne radote pas pour situer les responsabilités : Un pouvoir qui affirme de plus en plus son caractère bourgeois, et sa soumission organique aux injonctions de l’impérialisme. Pour le PST, la crise qu’on nous présente comme fatalité, et qui constitue le leitmotiv du discours politique de temps qui court n’est, au final, qu’un prétexte pour l’instauration d’une austérité ravageuse pour les démunis, au moment ou des cadeaux fiscaux sont octroyés allègrement aux possédants dont l’opulence et la suffisance frôlent l’indécence.  La formation de gauche s’exprime ainsi : « Le pouvoir d’achat des travailleurs et des retraités est attaqué de toutes parts. Les lois de Finances qui se succèdent voient l’augmentation des prix de l’électricité, de la TVA, des carburants, des produits électroménagers, du tabac… La dépréciation continuée du dinar pèse d’autant plus sur le budget des familles modestes que de nombreux produits sont importés de l’étranger. »

Le cas de la SNTA, cédée au privé n’a pas échappé au PST, qui au fond n’est qu’un exemple pour compléter la longue liste de la prédation organisée des entreprises publiques. Un privé de plus en plus à l’offensive pour s’accaparer des biens de l’Etat, quand ce dernier assume mal le rôle qui lui est propre. Le décor est planté, après les années de faste et de corruption généralisée, les temps sont comptés pour saper ce qu’il en reste. Un euphémisme en a été déniché « le Partenariat Public-Privé ». Pour le PST, qui retrace la dynamique d’ensemble, cette dialectique du grand bond en arrière se présente comme suit : « L’impôt sur la fortune a été enterré. Les barons de l’informel se voient offrir l’amnistie en plaçant leurs capitaux dans les banques. La bourgeoisie locale (entrepreneurs, importateurs…) et les entreprises étrangères bénéficient de subventions, de la commande publique, d’accès aux crédits et de facilités multiples. Les entreprises du secteur public leur sont même offertes dans le cadre du partenariat public-privé qui n’est que la nouvelle forme de privatisation des biens de l’Etat. »

Une soumission éhontée à l’impérialisme.

Les injonctions de l’impérialisme ne sont plus à démontrer en Algérie, les multinationales étirent leurs tentacules dans une terre qui lui est fertile. Agrippée au sacro-saint principe de « L’armée ne quitte pas ses frontières », le pouvoir « accepte le rôle de garde-frontières de l’UE », note le PST. Le pouvoir qui cède de plus en plus aux exigences du FMI, UE, BM …etc, concernant des questions stratégiques : Privatisation, révision de la loi sur les hydrocarbures, la suppression des subventions, ouverture des capitaux publics au privée, la remise en cause de la santé et de l’éducation gratuite …etc. « La collaboration avec les puissances occidentales et leur bras armé (OTAN) se développe. Le pouvoir fait preuve de modération sur El Qods et présente, au nom de l’Algérie, des excuses aux assassins du peuple yéménite parce que de jeunes supporters d’Ain M’Lila ont exprimé tout haut ce que l’écrasante majorité du peuple algérien pense du régime wahhabite » rappelle le PST, avant de conclure que le caractère antinational du pouvoir s’affirme davantage dangereusement.

Les libertés démocratiques malmenées.

La répression sauvage qu’ont connu les médecins résident peut faire tilt quant au caractère antidémocratique du pouvoir. La tendance de voir dans les mouvements de grèves que la force organisée et contestataire, et faisant fi des revendications émises, est une constante du pouvoir. Sa volonté d’interdire les grèves en instrumentalisant la justice frise un ridicule malvenu. Les libertés démocratiques qui sont de plus en plus bafouées n’est un secret pour personne : interdiction pour certains de se présenter sur des listes électorales, interdiction de la tenue d’université d’été (LADDH), interdiction des cafés littéraires (Aokas et Béjaia)…etc, la déclaration du Parti socialiste allonge la liste : « Des syndicats sont dissous (Snateg), les libertés syndicales sont bafouées, des élus syndicaux sont licenciés abusivement mais pas réintégrés, d’autres sont assignés en justice. Le droit de manifester est interdit à Alger et dans d’autres villes du pays (Sidi-Bel-Abbès…). Les manifestants sont réprimés dans le sang (Résidents en médecine). Le droit d’organisation associatif, syndical et politique est bafoué par les institutions de l’Etat… ». La façade démocratique du pouvoir se fissure.

La lutte quotidienne et permanente comme seul moyen de faire reculer le pouvoir.

La formidable mobilisation des médecins résidents qui ont reçu à casser le blocus sur la capitale a sonné comme un vent d’espoir pour ceux dont le scepticisme des temps à pris le déçu sur la volonté d’espérer. Les luttes qui se déclenchent sporadiquement ont fait reculer le pouvoir dans bien des cas. La priorité est de les unifier autour d’un projet et une ligne politique claire.  La formation de gauche, n’omet pas de préciser : « Les mobilisations contre la loi de Finances 2018 en Kabylie et dans les Aurès, ont poussé Bouteflika à inscrire Yennayer dans le calendrier officiel des fêtes nationales chômées et payées et à mettre en place une Académie de tamazight. La direction d’Air Algérie qui avait suspendu des syndicalistes à la suite d’un mouvement de grève a été contrainte de reculer face au front-uni des syndicats autonomes et de l’UGTA de la compagnie nationale. Les paramédicaux ont contraint le ministère de la Santé à négocier avec eux alors que les élèves des Ecoles normales supérieures (ENS) ont obligé la ministre de l’Education nationale à accepter leurs revendications » . Jamais le mot d’ordre de « Seule la lutte paye » ne peut avoir autant de résonnance que dans la conjoncture auquelle nous sommes confrontés actuellement.

Pour une assemblée constituante !

Last but not least, le PST tient un rappel fondamental, qui consiste dans le fait que « Les luttes sectorielles ou locales peuvent faire reculer une direction d’entreprise, un ministère ou le gouvernement. Mais pour défendre l’Etat social, la souveraineté nationale et les libertés démocratiques, il faudra davantage que des mouvements épars ». Un mouvement d’ensemble s’impose pour faire valoir des revendications qui rassemblent tous les algériens, loin de tout corporatisme : impôt sur la fortune, salaire digne, retraite décente, santé et éducation gratuites et de qualité, amélioration du pouvoir d’achat …etc.  Comment ? Par une grève générale à même de faire reculer les offensives répétées du pouvoir et des entités parasitaires qui gravitent autour.

La formation d’obédience trotskyste conclut par à un appel à la création d’une assemblée constituante. Le mot d’ordre est lancé : « Face au gouvernement, il faut une politique antilibérale, anti-impérialiste et sociale qui réponde aux besoins des masses populaires. La résistance actuelle doit s’accompagner de la construction d’une alternative qui culminera avec la convocation d’une Assemblée constituante ». Le ton est donné pour une alternative démocratique, antilibérale et anti-impérialiste.

Adlene Belhmer/BéjaiaNews

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