C’est après la tombée du verdict des procès des détenus d’opinion au tribunal de Sidi Mohammed, avec de lourdes peines allant de six mois à un an de prison ferme, que les étudiants de l’université Abderrahmane Mira de Béjaïa ont appelé à une grève le mercredi 13 novembre. Après la marche hebdomadaire du mardi qui a connu une large mobilisation de la communauté universitaire, du PAD de Béjaïa et des syndicats autonomes.

L’appel à la grève été suivi sur les deux campus, le campus d’Aboudaou a connu une grandiose mobilisation, plus d’un millier d’étudiants parcourait l’université appelant le reste des étudiants à les rejoindre tout en reprenant les slogans du Hirak. Cette mobilisation se synchronisait avec un sit-in du collectif enseignant ATS de l’université qui dénonçait l’interdiction d’accès à l’auditorium. A l’Assemblée générale qui a eu lieu, ensuite, les étudiants ont soulevé la nécessité de renforcer le mouvement étudiant qui est une pierre angulaire dans le Hirak populaire. Ils étaient catégoriques à dénoncer la condamnation des détenus du drapeau amazigh, une justice au service du pouvoir de fait et la répression contre les manifestants du mouvement populaire, ils ont aussi soulevé le refus catégorique de l’élection présidentielle du 12/12 téléguidées par un régime en crise, qui maintient ses intérêts de classe et quémande le soutien des pays impérialistes par ses lois antisociale et antinationale…

Coordonner le mouvement

Une deuxième AG s’est tenue au campus targua Ouzemmour le dimanche 17 novembre, plusieurs centaines d’étudiants étaient présents, les interventions passait d’un constat sur l’actualité politique le rejet de la mascarade électorale, à la dénonciation de la note ministérielle datant du 13 novembre interdisant toute activité non pédagogique dans les franchises de l’université, puis sur les divers perspectives qui se raccordaient entre autres sur le rôle capital de la grève générale au Hirak populaire, de la consécration de la journée du mardi à la marche, à l’auto-organisation à l’université en comité autonome de facultés, dont les membres seraient élus démocratiquement et révocables en AG, dans la perspective d’aller vers une coordination nationale des étudiants, la nécessité de l’animation au sein de l’université et la multiplication des débats publiques…

En revanche plusieurs facultés connaissent un mouvement de grève autour des questions pédagogiques ou socio-professionnelles dont la faculté de sciences exactes et celle de droit et sciences politiques, d’autres s’apprêtent à lancer des AG afin d’élire leurs comités autonomes ou les renouveler, dont sciences humaines et sociales et médecine. Avec l’approche des échéances électorale et la multiplication des manœuvres répressives du système, le mouvement étudiant semble se radicaliser davantage afin de jouer un rôle phare en ce processus révolutionnaire tout en convergeant avec les autres secteurs en lutte.

Meriem B.

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