© Titi Haddad

En ce mois de Décembre, les événements politiques s’accélèrent de plus en plus en Algérie. Une période qui s’est distinguée essentiellement par la remonté des mobilisations du Hirak populaire, de la réussite partielle de la grève générale, du rejet massif des élections présidentielle du 12/12/2019 et le pouvoir de fait qui impose Teboune comme président formel. Sa cooptation est la garantie de la continuité du régime libéral prédateur.

La crise d’hégémonie politique du régime demeure

Le rejet des élections et la répression ont été des éléments déterminants dans cette remontée exceptionnelle des mobilisations dans les quatre coins du pays. La semaine du 08 au 13 Décembre 2019 a été la plus importante en termes de combativité. Elle a été marquée par des marches quotidiennes, une grève générale, à l’initiative des syndicats et des collectifs citoyens de Bejaïa, qui a été massivement suivie en Kabylie mais sans grand impact ailleurs et un rejet massif des élections présidentielles. Face à ce rejet des élections et du régime, ce dernier tente de miroiter un pseudo « Dialogue » avec le Hirak et d’exploiter honteusement la mort de Gaid Salah pour sauver un régime en crise au nom de l’unité nationale tout en continuant sa politique répressive, les cas d’Oran et Annaba sont les plus édifiant. Lors du « deuil national » décrété par les autorités, des voix alliées du régime, se sont élevé pour appeler les « Hirakistes » à observer « le deuil » et faire une sorte de « trêve » et ce, en annulant les manifs du Mardi estudiantin. L’objectif de créer la confusion à l’intérieur du Hirak afin de l’imploser et l’affaiblir. Les marches post élections ont été une cinglante réponse à ces apprentis sorciers. Mais nous ne devons pas être euphorique, la vigilance reste de mise.

Recomposition au sein du Régime

Malgré la fissuration des édifices du Régime lors de ce processus révolutionnaire en cours, le régime se maintien encore grâce aux appareils de l’état, notamment l’appareil répressif. Certes nous avons affaire a un régime en crise, mais depuis la destitution de Bouteflika le régime par le biais du commandement militaire reprend de plus en plus l’initiative politique et se recentre davantage. Depuis quelques mois il arrive « partiellement » à gagner du terrain en tractant de nouvelles alliances avec les anciens alliés du régime, des associations patronales, une partie des islamistes, la nouvelle direction de l’UGTA et certains syndicats autonomes, voir même certains acteurs soi-disant qui se réclament du Hirak. La nouvelle interface politique du régime va essayer vaille que vaille de ratisser large pour étendre ses alliances pour élargir sa base sociale dans le cadre de la continuité de ce régime autoritaire et libérale. La nomination du nouveau gouvernement, les « réformettes » politiques annoncés et les mesures économiques libérales qui vont venir vont être les moments d’aboutissement de ces nouvelles alliances.

De l’auto organisation

Face à l’agressivité du régime, aux contradictions et limites du Hirak populaire, l’auto-organisation démocratique est plus que vitale pour sa survie, son développement et la reprise de l’initiative politique. L’élan d’organisation en Kabylie, notamment dans la wilaya de BEJAIA a démontré son efficacité dans la mobilisation populaire et la possibilité de jonction entre les secteurs mobilisés, à savoir les couches populaires, les syndicats et les organisations politiques dans des luttes concrètes pour le recouvrement de la souveraineté populaire. Oui, Bejaia montre la voie et l’exemple concret pour étendre l’expérience a l’échelle nationale, vu sa large mobilisation et le contenu démocratique et sociale de cette dynamique au niveau de cette localité. Notre Hirak populaire a tout intérêt à faire ce saut qualitatif pour exercer réellement sa souveraineté sur les affaires de la collectivité nationale et mettre un coup d’arrêt sec à la répression en cours. Ce sont ces cadres d’organisation qui vont imposer la voie la plus démocratique du changement radical. Un changement qui peut passer par l’élection d’une assemblée constituante souveraine, alimenté par la force mobilisatrice de ces cadres organisationnelles en lutte.

L’organisation est un impératif

Ces cadres d’organisations seront les lieux privilégiés pour les débats démocratiques populaires et dans les lieux de travail et d’études. Ils seront les lieux de production des tactiques et stratégies du peuple algérien en lutte afin de se défendre et « dégager » ce régime. Ces espaces doivent être les lieux d’expression de cette volonté profonde du peuple en lutte à assoir les bases d’une deuxième république démocratique et social au sens radical. Une République sans concentration de pouvoir ou toute décision doit être prise en toute démocratie, dont le peuple est la source du pouvoir législatif par le biais d’élus révocables. Une République ou règne l’égalité entre citoyens et citoyennes. Un pays qui bannit toute forme de ségrégations et formes d’exploitation, et garantit une économie au service des besoins sociaux des masses populaire. Enfin, une République ou les mots autoritarisme, archaïsmes, pauvreté, dépendance… seront bannis à jamais. Voici les principes qui doivent guider notre action et combat dans les jours à venir.

Samir Larabi

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